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Avant Left 4 Dead et Resident Evil : les meilleurs jeux de zombies rétro qu’on a (presque) oubliés

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Les zombies, créatures mi-vivantes mi-ramollo, est un phénomène qui fascine bien entendu au cinéma mais aussi dans le domaine du jeu vidéo et ce bien avant, contrairement à ce qu’on pourrait penser, que Left 4 Dead ne popularise la mêlée à la tronçonneuse en coopération. Avant l’explosion plus moderne des jeux de ce genre, quand les franchises comme Call of Duty et Red Dead Redemption se sont mises à titiller la chair putréfiée à tout va, il y avait déjà tout un vivier de pépites plurielles, parfois un peu bizarres, forcément flippantes, et toujours passionnantes à (re)découvrir. Ici, on ne parle pas des cadavres ambulants ultra-polygonés et des mécaniques de « sprint-coup de pompe » coutumières : on remonte le temps, on arpente des couloirs sombres, on fouille les cryptes datant des années 80 et 90 pour dénicher quelques titres qui valent encore le détour aujourd’hui.


Splatterhouse (1988) – L’ancêtre du gore

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On ne sait pas pour vous, mais la première fois qu’on a posé nos mains sur un jeu de la licence Splatterhouse, c’était sur Mega Drive. Et clairement, on avait l’impression de braver l’interdit en jouant à un jeu interdit pour notre âge, même si les classifications n’étaient pas encore d’actualité. Ce n’est que bien plus tard qu’on a pu remonter le temps et découvrir que Splatterhouse remonte à 1988 sur bone d’arcade. Avec le recul, on n’était pas vraiment habitués à voir autant de sang projeté à l’écran : ces jaillissements rouges vifs avaient la classe, et le héros masqué Rick Taylor nous obligeait à progresser dans une maison hantée pour libérer Jennifer, sa dulcinée kidnappée. Et sur le chemin ? Une maison pleine de monstres, de ghoules, et bien sûr de zombies, le tout en beat ’em up primitif mais ô combien efficace. Les graphismes en 2D sont rudimentaires, mais l’ambiance malsaine est déjà sacrément palpable.

Pourquoi ça marche encore aujourd’hui ?

  1. Ambiance oppressante
    Même si les sprites peuvent piquer un peu les yeux de nos jours, la bande-son colle des frissons : un mélange de patterns électroniques flippants, de bruitages de criss-crash, et de cris inhumains. On savait déjà faire du “horror feel” bien avant un certain jeu créé par Shinji Mikami.
  2. Gore fondateur
    C’est l’un des premiers gros jeux à afficher du sang, de la chair arrachée… en 1988, c’était culotté ! Et force est de constater que le contraste avec nombre de jeux d’époque plutôt orienté plateformes dans un environnement tout mignon, ça dénote pas mal et a permis d’identifier que le jeu vidéo ne s’adressait pas forcément aux plus jeunes.
  3. Gameplay exigeant
    Les commandes sont lourdes, la hitbox est… disons, permissive (souvent un coup reçu alors que tu jurais être hors de portée). C’est un peu frustrant, mais ça forge le caractère du joueur habitué aux challenges : on apprend à maîtriser les patterns, à anticiper l’assaut. Du vrai rétrogaming hardcore !

Zombies Ate My Neighbors (1993) – La coopération cartoonesque

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En plein âge d’or de la Super Nintendo et de la Megadrive en 1993, Zombies Ate My Neighbors (ou Zombies tout court chez nous) a frappé fort avec son esthétique cartoon, son humour décalé, et son hommage appuyé aux films de série Z. Conçu par LucasArts et Konami (oui, quel duo de choc), le jeu nous met dans la peau de Zeke ou Julie, deux ados armés de pistolets à eau, de bazookas au gel, et d’un arsenal improbable pour sauver leurs voisins en plein brunch brûlé par des créatures de la nuit : vampires, momies, loups-garous, et surtout… des zombies. Beaucoup de zombies.

Ce qui rend Zombies Ate My Neighbors culte

  1. L’ambiance “Dimanche 14h”
    Les niveaux vous embarquent dans un quartier typique américain, où chaque maison est un point d’entrée pour offrir un hommage à une thématique de film d’horreur différente : la maison hantée, le centre commercial envahi, l’usine abandonnée… Même Day of the Tentacle à droit à un clin d’oeil. Il faut alors embarquer vos voisins, des mamies, des enfants, et sans oublier le chat : toutes ces pauvres âmes doivent être sauvées avant de finir en casse-croûte pour mort-vivant.
  2. Le coop local
    Jouer à deux, c’était encore plus dingue : on pouvait aborder de façon stratégique une zone en encerclant les ennemis, mais aussi paniquer simultanément quand un boss géant déboule. La coopération était fluide, le fun décuplé. Et dire que ce genre de coopération simple, on l’a presque perdu avec les blockbusters modernes.
  3. L’humour noir
    Les ennemis sont nombreux et variés, et leur apparence toutjours déjantée. Les références ciné pleuvent (“Evil Dead”, “Night of the Living Dead”, etc.). On voit direct que c’est un jeu conçu par des passionnés, ça transpire l’amour pour le genre !

The House of the Dead (1996) – Le rail-shooter qui a fait trembler les salles d’arcade

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The House of the Dead date de 1996 et c’était l’un des premiers gros hits de Sega à intégrer un univers horrifique. Aujourd’hui, on critique un peu la rigidité de la visée, les chemins pré-calculés, mais à l’époque, c’était l’extase : on pointait son pistolet optique (ou la manette dans la version Saturn, si on avait pas l’accessoire), on tirait sur n’importe quel mort-vivant qui bouge, et on priait pour que la machine à sous n’avale pas toutes nos pièces de monnaie aussi vite que les ennemis nous touchaient.

Les points forts de ce classique

  1. L’immersion arcade
    Rien de tel que la tension pistolet en main, le son de la borne, l’odeur de la salle d’arcade… Parfois, on faisait la queue, on voyait les autres se faire dévorer, et on se réjouissait de réussir un tir rapide quand un zombie bondissait.
  2. L’esthétique “film de série B”
    Les ennemis sortent de nulle part : goules, zombies en blouses de labo, et ce boss final… Un mélange à la direction artistique parfois un peu bancale, mais c’est ça qu’on veut, au fond ! C’était cru, c’était cheap, et c’était surtout génial.
  3. La sentiment d’urgence
    Chaque zombie est dangereux, chaque balle compte. Si on tire à côté, on perd du temps, et ces créatures ne vont pas attendre sagement que l’on recharge. Un vrai baptême de feu (ou un festin de chair).

Sweet Home (1989) – Le père biologique de Resident Evil

Avant les portes qui grincent et les herbes vertes, Capcom s’est essayé à l’horreur avec Sweet Home, un RPG sorti uniquement au Japon sur Famicom. Et le pire ? C’est une adaptation d’un film d’horreur japonais, ce qui, avouons-le, n’annonçait pas forcément un chef-d’œuvre vidéoludique.

Et pourtant, ce jeu est une pépite ultra influente. On explore un manoir hanté, résout des énigmes, gère les objets d’un groupe de survivants… Et si quelqu’un meurt ? C’est définitif. Pas de Phoenix Down ici, non ! Il faut aussi composer avec des combats au tour par tour, des esprits frappeurs, des pièges mortels et une ambiance moite façon papier jauni et couloirs suintants.

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On s’en souvient parce que :

  • Tout (enfin presque) Resident Evil vient de là. La gestion d’inventaire par personnage ? Sweet Home. Les portes entre les pièces ? Sweet Home. L’exploration méthodique d’un lieu unique ? Sweet. Home.
  • Ambiance pesante : pour un jeu 8-bit, la mise en scène est dingue. Dialogues sombres, visuels dérangeants, musiques stressantes… Bien plus flippant que ce qu’on trouve sur Super Nintendo ou Mega Drive à la même époque.
  • Traduction fan : Heureusement pour nous, le jeu a été fan-traduit. Et vu son importance historique, ça vaut carrément le détour. Même si on le découvre sur autrement que sur console d’époque, c’est un vrai moment d’histoire du jeu vidéo à savourer.

Blood (1997) – Un carnaval de zombies et de délires macabres sur PC

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En 1997, alors que Duke Nukem 3D régnait sur les serveurs LAN, Blood a fait son apparition comme un ovni bourrin teinté d’humour noir. On y incarnait Caleb, un anti-héros balafré, un peu allumé, dont la mission est de se venger du culte de la Cabale responsable de la résurrection de hordes d’êtres morts. Où est le rapport avec notre sujet ? Plein de zombies dégoulinants, de cultistes zombifiés, et une ambiance ultra-stylée façon cinéma gore à vingt sous.

Pourquoi Blood reste une pépite ?

  1. Level design tordu
    Les niveaux sont tortueux, pleins de passages secrets, d’énigmes débiles (mais fun) et de pièges à souhait. Chaque salle est un sanctuaire de zombies ou de démons à chair pourrie. On bouge, saute, et regarde toujours derrière notre épaule. Au cas où.
  2. Une liberté de tir totale
    Mitraillette, lance-fusée, cocktail molotov ou même poupée vaudou : il y a du choix pour massacrer tout ce qui bouge. En plus, chaque arme possédait un tir secondaire, fonctionnalité peu courante alors.
  3. Un festival d’easter eggs et de références
    Entre deux carcasses, on tombe souvent sur des blagues ou des situations rappelant celles de films cultes. Le personnage se met par exemple à citer une réplique d’un épisode des Simpsons Horrow Show après fait exploser un grand nombre d’ennemi, ou même Ace Ventura, se plaignant que personne ne veut jouer avec lui.

Beast Busters (1989) – Le rail shooter déglingué et sous acide

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Avant de dominer les salles avec Metal Slug ou King of Fighters, SNK a pondu un OVNI : Beast Busters. Sorti en 1989, c’est un pur jeu d’arcade à flingue en plastique, pensé pour trois joueurs en coop. Le but ? Dézinguer des mutants, des goules, des zombies et autres créatures issues d’un mauvais trip post-nuke.

Pas d’ambiance feutrée ici, pas de manoir victorien : c’est Rambo contre les zombies sur fond de musique techno et explosions fluorescentes. On tires non-stop, on crie en même temps que les ennemis qui apparaissant, et on ne réfléchit pas. On peut laisser son cerveau à la maison, ce qui est un avantage non négligeable face aux hordes de morts-vivants !

Pourquoi Beast Busters reste génial pour les vrais :

  1. La coop à trois
    Trop rare à l’époque, ce mode faisait hurler entre potes, chacun cramponné à son flingue en plastique. L’écran devenait une rave party de zombies éclatés.
  2. Les ennemis en roue libre
    On n’est pas dans le subtil : mutants armés de sulfateuses, chiens-zombies géants, boss géants mi-techno mi-organique. On ressort de là avec des crampes aux doigts et le sourire au coin de la bouche.
  3. Un pur trip arcade
    Pas de sauvegarde, pas de scénario tordu, juste de l’action à l’état brut. Un défouloir à l’ancienne, pour les soirs où on a envie de dégommer des crânes dégoulinants. Chacun son truc, pas de jugement.

Night Slashers (1993) – Le beat ’em up gore sauce Hammer et kung-fu

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Développé par Data East, Night Slashers est ce qu’on obtient quand Final Fight passe une nuit dans une crypte maudite. Trois personnages badass : un expert en cyber-arts martiaux, une chasseuse de vampires en justaucorps, et un genre de Van Helsing technoïde. Leur mission ? Nettoyer la planète d’une invasion de morts-vivants, goules, mutants, et autres joyeusetés issues du pire de l’imaginaire horrifique 80s/90s que l’on peut trouver dans les films de la Hammer.

C’est beau, c’est violent, c’est over-the-top dans tous les sens du terme. On frappe les zombies jusqu’à ce qu’ils explosent en gerbes de sang pixelisé. Les boss hurlent, les monstres sortent de partout, et les coups spéciaux remplissent l’écran.

Ce qui rend Night Slashers incontournable :

  1. Un casting de monstres variés
    Pas que des zombies classiques : il y a des vampires, des golems, des goules en blouse, des savants fous… et un boss qui semble tout droit sorti d’une version maudite de Frankenstein.
  2. Ambiance graphique léchée
    Gros sprites détaillés, arrière-plans gothiques, effets sanglants et animations expressives. Pour un beat ’em up de 1993, ça envoyait du steak (humain ?).
  3. La jouabilité aux petits oignons
    Coups spéciaux qui dégomment tout l’écran, finish moves bien sales, et une vraie sensation d’impact. C’est plus brutal que Streets of Rage, plus fun que Double Dragon 3, et carrément plus “Halloween” que les deux réunis.

Ces titres sont bien la preuve que le zombie a toujours été un super prétexte pour s’éclater – que ce soit en coop sur borne, en beat ’em up sanguinolent ou en shooter linéaire à tension maximale. Alors la prochaine fois qu’on vous parle de zombies et que la conversation tourne en boucle sur Left 4 Dead ou des jeux plus récents, balancez un petit “Beast Busters ?”, regardez les yeux s’écarquiller… et devenez le gourou du rétro-zombisme.

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