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Jeux basés sur des licences étranges : Des aventures virtuelles dans l’univers des céréales, fast-foods et publicités

La période rétro du jeu vidéo a été témoin d’un certain nombre d’expériences étonnantes. À une époque où le médium cherchait encore sa voie, de nombreux développeurs ont tenté d’attirer l’attention des joueurs en utilisant des licences peu conventionnelles. Ici, nous explorons certains des jeux les plus insolites qui ont tenté de capitaliser sur tout, des céréales aux publicités.

Chex Quest (1996 - PC) : Quand les céréales entrent dans l'arène du jeu vidéo

Dans le milieu des années 90, alors que les jeux vidéo connaissaient une croissance rapide et que le marketing cherchait des moyens novateurs pour atteindre les consommateurs, est né un hybride étonnant : Chex Quest. Aujourd’hui encore, il est considéré comme l’une des collaborations les plus singulières et réussies entre l’industrie alimentaire et celle du jeu vidéo.

Quand même, il fut une époque où un jeu vidéo complet était présent dans notre boite de céréales…

Origines et Concept : Chex Quest était une audacieuse tentative de promotion de la marque de céréales Chex. Au lieu d’opter pour une simple publicité télévisée ou un jouet à l’intérieur de la boîte, les marketeurs ont décidé d’intégrer un jeu vidéo complet dans le paquet de céréales. Le concept était simple : acheter une boîte de céréales Chex et obtenir une copie gratuite de Chex Quest.

Le jeu lui-même était un FPS, s’inspirant grandement de titres populaires comme Doom. Cependant, au lieu de démons et de fusils, le joueur incarnait un personnage de l’univers Chex, luttant contre des “slimes” envahisseurs à l’aide d’appareils ressemblant à des ustensiles de petit-déjeuner.

Réception et Popularité : La réception initiale aurait pu être mitigée, avec des joueurs se demandant si ce n’était qu’une autre tentative maladroite de marketing. Pourtant, à la surprise de beaucoup, Chex Quest s’est avéré être un jeu bien conçu. Les mécaniques étaient solides, les graphismes étaient colorés et attrayants, et le niveau de défi était bien équilibré.

Rapidement, Chex Quest a acquis une base de fans dévouée. Certains ont même entrepris de créer leurs propres niveaux, utilisant des outils de modding pour enrichir l’expérience de jeu.

L’Héritage de Chex Quest : Au-delà de sa jouabilité, Chex Quest a laissé une empreinte indélébile dans l’histoire des jeux vidéo. Il a prouvé qu’une collaboration entre deux industries, aussi différentes soient-elles, peut aboutir à quelque chose de mémorable et de qualité.

En 2020, une suite remasterisée intitulée Chex Quest HD a été lancée, prouvant que l’intérêt pour ce jeu unique est toujours vivant, plus de deux décennies après sa sortie initiale.

Yo! Noid (1990 - NES) : Quand une mascotte de pizza envahit le monde du jeu vidéo

Dans les années 80 et 90, les mascottes étaient partout. Que ce soit pour des céréales, des jouets ou de la restauration rapide, ces personnages colorés étaient le visage des marques. Aux Etats-Unis, Domino’s Pizza n’était pas en reste avec son personnage, le Noid, un petit trouble-fête voulant gâcher votre pizza. Mais qui aurait pensé que cette figure publicitaire trouverait sa place dans l’univers du jeu vidéo avec Yo! Noid sur la NES?

Le contexte et la trame narrative : Le jeu se déroule à New York, une ville que tout le monde souhaite sauver, y compris notre héros, le Noid. Mais le Noid n’est pas là pour sauver les pizzas cette fois-ci. Il est confronté à un double maléfique cherchant à semer le chaos. Ainsi, notre mascotte se retrouve à parcourir les rues de la ville, les égouts, les toits et même Central Park pour stopper son sosie et, au passage, récupérer autant de pizzas que possible.

Gameplay et mécaniques : Yo! Noid est un jeu de plateforme classique où le joueur doit sauter, courir et utiliser un yoyo comme arme pour affronter divers ennemis. Les niveaux sont variés et proposent des défis croissants, rendant l’expérience à la fois amusante et exigeante.

Une des particularités du jeu est la séquence “duel de pizzas” où le Noid affronte son double. Ces duels se déroulent comme un mini-jeu où le but est de manger plus de pizzas que son adversaire.

Dans le jeu japonais dont est tiré Yo! Noid, vous incarniez un ninja. Changement d’ambiance !

Réception et héritage : Le jeu étant en fait issu du titre japonais Kamen no Ninja Hanamaru sur lequel les sprites ont été remplacés pour coller à l’univers plus américain souhaité, on peut dire que la présence du Noid comme protagoniste d’un jeu vidéo a pu susciter des interrogations. Mais la qualité intrinsèque du gameplay initial a correctement été préservée et a pu rapidement dissipé les doutes. Les graphismes étaient plaisants pour l’époque, et la musique restait dans la tête des joueurs pendant des jours.

Le jeu a même acquis un statut culte parmi les amateurs de la NES, apprécié pour sa difficulté et bien sûr, son personnage principal unique.

Cool Spot (1993) : Quand une bulle de soda devient le héros d'un jeu

Quand le jeu est vraiment “cool”, on en vient même à oublier le caractère promotionnel du titre !

À une époque où les mascottes étaient le visage emblématique des marques et produits, il n’était pas rare de voir ces icônes faire le saut dans le monde du jeu vidéo. Cool Spot, lancé en 1993 sur diverses plateformes, est un exemple emblématique de cette tendance, mettant en vedette la mascotte pétillante de 7 Up, Spot. Mais plutôt que de simplement capitaliser sur une image de marque, le jeu s’est distingué par son gameplay solide et ses graphismes accrocheurs.

L’intrigue : Dans Cool Spot, le joueur prend le contrôle de Spot, la mascotte cool avec des lunettes de soleil. L’objectif principal est de naviguer à travers une série de niveaux variés pour sauver les autres Spots qui ont été enfermés dans des cages. Tout cela, bien sûr, tout en évitant les obstacles et les ennemis qui se mettent en travers de votre chemin.

Gameplay : Cool Spot est un jeu de plateforme 2D traditionnel. Les niveaux sont remplis de défis, allant des ennemis rampants aux pièges dangereux. Mais ce n’était pas juste une course pour atteindre la fin du niveau. Pour progresser, les joueurs devaient également collecter un certain nombre de “Cool Points”, qui étaient en fait des bouteilles de 7 Up, avant de pouvoir déverrouiller la cage et sauver le Spot captif.

Le jeu incluait aussi divers bonus et power-ups pour aider Spot dans sa mission, dont certains augmentaient ses capacités ou sa santé. La variété des niveaux, allant des plages ensoleillées aux intérieurs de radios, offrait une fraîcheur constante qui gardait les joueurs engagés.

Réception : Cool Spot a été bien reçu à sa sortie. Les critiques ont loué ses graphismes colorés, ses animations fluides et sa bande-son entraînante. Bien que clairement conçu comme un outil promotionnel pour 7 Up, le jeu a réussi à transcender son statut de jeu publicitaire pour offrir une expérience solide et agréable aux joueurs.

McDonaldland (1992 - NES) : Une aventure gourmande dans l'univers de McDonald's

La convergence entre le monde du marketing et celui du jeu vidéo a donné naissance à plusieurs titres étonnants dans les années 80 et 90. McDonaldland (ou M.C. Kids en Amérique du Nord), lancé en 1992 pour la NES, est l’un de ces jeux qui, bien que clairement conçu comme un outil promotionnel, a su créer une expérience ludique à part entière en s’appuyant sur l’univers coloré et emblématique de McDonald’s.

Est-ce que vous aussi vous n’êtes pas à l’aise face à la tête de Ronald ?

L’histoire : Le jeu débute lorsque deux enfants, Mick et Mack, découvrent un livre magique appartenant à Ronald McDonald. Mais avant qu’ils aient eu le temps de l’explorer, le malicieux Hamburglar le dérobe. Les deux amis se lancent alors dans une quête épique à travers divers mondes inspirés du thème de McDonald’s, de la forêt enchantée de Birdie à l’île glacée de Grimace, pour récupérer le précieux ouvrage.

Gameplay : McDonaldland est un jeu de plateforme 2D traditionnel, où les joueurs doivent sauter, courir et éviter une multitude d’obstacles tout en collectant des cartes d’arches dorées – le symbole emblématique de McDonald’s. Ces cartes sont nécessaires pour progresser vers de nouveaux niveaux et se rapprocher du but ultime : retrouver le livre magique de Ronald.

Chaque monde du jeu présente ses propres défis et ennemis, allant des poissons sauteurs aux créatures volantes. Des power-ups et des objets bonus, comme les arches rebondissantes ou les chaussures à ressorts, ajoutent une dimension supplémentaire au gameplay, offrant aux joueurs de nouvelles façons de naviguer dans les niveaux.

Réception : À sa sortie, McDonaldland a reçu un accueil mitigé. Si certains critiques ont apprécié ses graphismes colorés et son gameplay solide, d’autres l’ont critiqué pour son apparente stratégie marketing visant à promouvoir McDonald’s auprès des jeunes joueurs. Cependant, avec le temps, le jeu a gagné un certain statut de culte parmi les amateurs de rétrogaming.

Pepsi Man (1999 - PlayStation) : Une course effrénée pour étancher la soif

La fin des années 90 a vu une multitude de mascottes de marque s’immiscer dans le monde du jeu vidéo. Parmi ces titres promotionnels, Pepsiman se démarque comme l’une des expériences de jeu les plus mémorables et les plus singulières. Lancé exclusivement au Japon, ce jeu est rapidement devenu un phénomène culte bien au-delà de ses frontières.

L’intrigue : La ville est en crise ! Les habitants sont assoiffés et n’ont qu’une demande : une canette rafraîchissante de Pepsi. Qui d’autre pourrait les sauver sinon Pepsi Man, la mascotte anthropomorphique de la boisson gazeuse emblématique ? À travers différents niveaux, le joueur dirige Pepsi Man dans des courses endiablées, esquivant divers obstacles et défis tout en ramassant des canettes de Pepsi.

Gameplay : Pepsiman est un runner avant l’heure. À une époque où les jeux mobiles et les “endless runners” n’étaient pas encore à la mode, ce titre offrait une expérience de course continue où la caméra suivait Pepsi Man de dos. Les niveaux deviennent progressivement plus difficiles, avec de nouveaux obstacles et pièges introduits à chaque étape. L’objectif principal est de collecter autant de canettes que possible tout en évitant les obstacles, allant des voitures aux planches de bois en passant par les égouts ouverts.

Au moins, on ne peut pas dire que le message publicitaire soit dissimulé.

Graphismes et son : Les graphismes, bien que simples, sont vifs et colorés, capturant l’essence de l’énergie et de la frénésie de la marque Pepsi. Mais l’aspect le plus emblématique du jeu est sans doute sa bande-son. La chanson thème, avec ses paroles répétitives “Pepsi Man!”, est devenue iconique et reste dans la tête des joueurs longtemps après avoir éteint la console.

Réception et postérité : Bien que Pepsiman ait été conçu comme une publicité pour la boisson gazeuse, le jeu s’est rapidement distingué par son gameplay certes simpliste – même pour l’époque – mais amusant et addictif. Sa popularité a transcendé les frontières japonaises, et de nombreux joueurs à travers le monde l’ont découvert grâce à l’émulation ou aux critiques en ligne.

Chester Cheetah: Too Cool to Fool (1992, SNES, Genesis) : Une aventure croustillante à travers l'univers des snacks

Obligé de mettre ses lunettes de soleil en étant ébloui par tant de “cool” avec ce personnage !

À une époque où les mascottes de produits de consommation se frayait un chemin dans l’univers du jeu vidéo, Chester Cheetah, le cool félin emblématique des snacks Cheetos, n’était pas en reste. Avec ses lunettes de soleil et son attitude nonchalante, Chester a fait une entrée remarquée dans le monde des jeux de plateforme avec “Too Cool to Fool”.

Contexte du jeu : L’histoire suit Chester Cheetah dans sa mission pour retrouver son chopper bien-aimé, subtilisé par l’infâme Mean Eugene. Pour le récupérer, Chester devra parcourir divers niveaux semés d’embûches, de pièges et d’ennemis, tout en restant fidèle à son slogan : “It’s not easy being cheesy”.

Gameplay : En tant que jeu de plateforme classique, Chester Cheetah: Too Cool to Fool offre un gameplay typique de l’époque. Les joueurs sautent, courent et esquivent divers obstacles tout en collectant des objets emblématiques liés à la marque Cheetos. Chester dispose également de quelques mouvements spéciaux qui lui permettent de se débarrasser des ennemis ou de naviguer plus facilement à travers les niveaux.

Graphismes et ambiance : Les graphismes colorés et les animations fluides rendent le jeu visuellement agréable pour l’époque. L’univers du jeu est rempli de références à la culture pop des années 90 et aux publicités Cheetos. Les fonds sonores et les effets s’intègrent parfaitement à l’atmosphère décalée du jeu, renforçant l’identité et l’attitude “trop cool” de Chester.

Réception : Bien que les jeux basés sur des licences de produits puissent souvent être reçus avec scepticisme, Chester Cheetah: Too Cool to Fool a été apprécié pour son gameplay solide et sa fidélité à l’esprit de la marque. Certains critiques ont même salué le jeu pour son originalité et son caractère distinctif par rapport à d’autres jeux de plateforme de l’époque.

Alors que le monde des jeux vidéo a évolué, l’idée de baser un jeu sur une licence étrangère comme une marque de céréales ou une publicité pourrait sembler saugrenue aujourd’hui. Cependant, à une époque où l’industrie était encore jeune et en évolution, ces jeux représentaient une tentative audacieuse et souvent réussie de mélanger les mondes de la publicité et du divertissement interactif. Bien que nombreux d’entre eux aient été conçus principalement comme des outils de marketing, ils sont restés dans les mémoires de nombreux joueurs comme des titres à part entière, prouvant que parfois, même les idées les plus folles peuvent mener à de grandes choses.

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